dimanche 17 juillet 2016

Lettres pressées

Les lettres pressées sortent de l'usine à textes
Tout comme les mots s'évaporent de la machine à rêve
l'auteur a oublié le nom de sa muse , ses prétextes
se perdent dans les méandres d'
une guerre sans trêve

Fou alcoolique, il boit le vin de l'inspiration
Quand le trahit la page blanche de ses noirs cauchemars
Quand les génies n'ont d'
aspiration, que le visage de la fascination
Elle qui pleure des larmes à l’abri dans un vieux hangar

Ce même lieu où les enfants font semblant de se perdre
Celui là même où l’écrivain faisait nuit et jour l'amour
au rythme du lyrisme d'Orphée qui n'a de cesse de se plaindre
d'une mélodie sensuelle qui nous blesse pour toujours

Les soldats sont maintenant à terre 
il faut que les ouvrières rentrent au logis
Car avant tout, elle sont mères
à l'heure où l'horizon rougit

Mëlume Gaudia©

samedi 16 juillet 2016

Étrange.

Elle marchait, observant les alentours d'un air rêveur. La route sur laquelle la menaient ses pas serpentait entre des arbres gigantesques; quand elle y pensait, c'était un étrange pays que celui dans lequel elle se trouvait. Tout y semblait flou et précis à la fois; cela se colorait autant de pastels délicats que de verts pomme ou jaunes canari. Elle leva la tête. Le ciel se teintait d'un bleu nuit, traversé par des reflets plus clairs, et pourtant la lumière de la Lune était si forte que l'on pouvait se croire en plein jour. Au loin devant elle, quelques lumières polychromes émanaient d'un jeune arbre. Et, plus le temps passait, plus l'arbre s'illuminait, grandissait et prenait plus profondément racine dans la terre. Ressentant une vague impression de curiosité, elle courut en direction de l'arbre; il lui sembla que le temps était ralenti. Arrivée au pied de l'arbre, elle se demanda pourquoi il se trouvait là et à quoi il servait. Alors une douce lumière blanche se matérialisa devant elle, prenant peu à peu les traits d'une silhouette humaine. Cette dernière parla d'une voix que l'on aurait pu prendre pour celle d'un enfant:
"Cet arbre est la source même de cet univers; sans lui, plus rien n'existe. Et plus il est grand, plus notre monde est vaste et beau. Ton devoir est d'en prendre soin et de veiller à ce qu'il grandisse encore et encore, jusqu'à se perdre loin au-dessus des nuages, au-dessus même de la voûte céleste s'il le faut. 
-N'y-a-t-il donc personne dans ce pays étrange?
-Non, pour l'instant il n'y a que toi. Au fur et à mesure que l'arbre va grandir, de nouveaux habitants viendront peupler cet univers. 
-Je ne comprends pas... Comment?
-Cet endroit n'est régi par aucune règle valable dans le monde réel. Tout est possible ici.
-Comment est-ce possible?
-Cet endroit n'est pas réel. Il est situé dans un monde à part, le monde des rêves. Seules des choses issues du rêve ou du surnaturel peuvent venir ici.
-Je ne comprends toujours pas. Qui a crée cet endroit? Comment a-t-il fait? Pourquoi a-t-il été crée? Je ne comprends pas.
-Cet endroit fut créé par trois humains, dans le but de faire vivre les produits de leur imagination dans ce lieu. Comment le créèrent-ils? Nul ne le sait. Regarde cet arbre. C'est le cœur de ce monde, qui symbolise tout ce que les créateurs ont produit, le fruit de leurs efforts et les sorts qui scellent l'existence de ce monde. Si l'arbre est détruit, cet univers le sera avec lui. C'est pour cette raison que nul ne doit toucher à l'arbre ou tenter d'en couper une branche; oui, elles sont belles et vraies, mais elles ne sont pas faites pour être séparées de l'arbre. Ne tente jamais de les couper, et arrête immédiatement quiconque essaiera de faire de même! Il en va du sort de ce monde.
-Comment se nomme cet univers?
-Les créateurs le nommèrent "L'Espace des mots".
                                                                                                         
                                                                                                                                              Khaleesi ©.